SF - cyberpandémies

[J’ai écrit ce début de fiction il y a quelques mois, je viens de retrouver le brouillon. Je trouvais ça rigolo d’imaginer de la SF, à portée potentiellement pédagogique, dans le cadre de nos luttes, et de les poster ici mais c’est ptetre pas le bon endroit… vous me direz. En attendant je pose ça là. Bisous]

Et si on pensait les logiciels comme des virus ? Pas seulement des virus informatiques mais des virus cognitifs et sociaux… On aurait peut-être raison de s’en préoccuper : vu leur impact économique, social, environnemental, sanitaire, ça paraît étonnant qu’on ne lutte pas plus contre ! À moins que… Ces virus aient été suffisamment malins pour avoir d’abord contaminé nos dirigeants ?

On pourrait repenser la technopolitique par le prisme désormais hégémonique du COVID : puisque c’est le principal sujet depuis 1 an, pourquoi pas le détourner ?

Tout d’abord, les virus sont des interfaces de hacking biologique. Ces agents infectieux permettent d’injecter du contenu génétique (ARN) dans des cellules hôtes pour détourner le fonctionnement normal d’un organisme pluricellulaire, d’un groupe social (épidémie) voire de plusieurs civilisations (pandémie), afin de se reproduire.

Remplacez les mots :

  • « virus » par « applications »
  • « biologique » par « cognitif » ou « environnemental »
  • « agents infectieux » par « logiciels » ou
  • « génétique » par « affectif »
  • « cellules » par « cervelles »
  • « organisme pluricellulaire » par « personne »

Vaste univers de SF, non ? On pourrait filer l’analogie pour décrire l’origine, les symptômes, les séquelles, l’infectiosité, les réactions immunitaires (auto-immunité, immuno-dépression, immunité acquise…), et imaginer des thérapies, des variants et des vaccins pour chaque logiciel pandémique et toxique !

Prenons pour exemple les messageries instantannées comme un type de virus, « Chat-ConV » de la famille des « tChats », sous-catégorie du sous-ordre « messagerie », apparu dans les années 90. De la première génération, seul IRC est encore en activité – avec une faible circulation – dans certaines populations nerd et geek.

D’abord apparu chez un patient suédois souffrant de problème d’hacker, IRC a notamment contribué au mouvement d’Anonymous de 2012, conséquence d’un mécanisme de survie de masse face à un projet inédit de campagne obligatoire de vaccination US-EU. Nommée « Acta », ce super-vaccin est alors développé par les puissances occidentales pour empêcher la circulation anarchique de matériel biologique, notamment par les virus à « TCP/IP ». Cette campagne ayant été entravée et même empêchée au sein de l’UE par les protestations des populations les plus sensibles (dont les hackers, principalement des jeunes hommes blancs de CSP+), les gouvernements ont alors choisi d’employer d’autres méthodes : fermetures administratives (MegaUpload), dépistage du Torrent et traitement par antirétroviraux (Hadopi© en France), mesure d’éloignement (port du masque DMCA obligatoire)…

Depuis IRC, deux générations de Chat-ConV ont tour-à-tour contaminé des populations de plus en plus massives. Le ligand TCP/IP s’étant répandu dans l’ensemble du règne des virus, y compris chez les nouveaux symbiotes des humains tels que les SMTP/IMAP-POP, on assiste, depuis l’an 2000, à une explosion virale accompagnée par l’apparition du World Wide Web. Les mutations s’accélèrent, les virus se multiplient et les maladies avec. La multinationale de biothech Microsoft, avait réussi, non sans mal, son opération de symbiose artificielle avec Windows, grâce à l’infection systématique des seringues grand public. MSN Messenger fait alors apparaître des symptomes nouveaux comme le Wizz et les emojis animés, suscitant des comportements stéréotypés chez les jeunes contaminés. Le virus Skype apparaît et répand l’usage de la webcam et, par la même, des premiers selfie et des sexcams, viabilisant le travail du sexe en direct en se combinant à Paypal. Chapatiz montre en 2007 aux préados qu’il est possible de flirter comme au collège mais en anonyme avec des inconnus chelous…

Enfin, dans les années 2010, les Chat-ConV-3 voient apparaître le variant Whatsapp. Développé dans le but de maximiser sa contagiosité, ce virus se voit racheté par Facebook pour lui permettre, à terme, de capturer à chaque instant l’intégralité des graphes sociaux des personnes infectées et d’y étendre la captation des échanges informels.

À Strasbourg, le virus expérimental ARN Messager est développé en 2020 pour faire passer des cellules Matrix modifiées pour être reconnues comme des cellules Whatsapp par les organismes contaminés et communiquer avec elles, avec l’objectif, à terme, de supplanter Whatsapp. Le nom de ce virus, bien qu’étant une bonne blague de circonstance, est donc impropre car il n’a pas la fonction des vaccins à ARN messager : il n’a pas vocation à injecter un code source interprétable par les cellules pour créer les protéines de virus reconnues par le système immunitaire pour lutter contre le virus lui-même.

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